Rechutes

Le nombre des fumeurs qui arrêtent sans soutien et sans substituts nicotiniques et qui sont encore abstinents après une année s'élève à 3-5%. La grande majorité des fumeurs fait 4 à 6 tentatives de sevrage, parfois plus. La plupart des rechutes surviennent dans les huit jours. La probabilité d'être encore abstinent(e) après une année est élevée pour celui ou celle qui a réussi à passer les premiers 8 jours sans écart ni rechute.

Les rechutes font partie du processus de sevrage. Il convient donc d'analyser et de mener une réflexion critique sur toute tentative qui se solde par un échec, afin d'éviter ou de mieux gérer, lors de la prochaine tentative de sevrage, la situation qui a mené à la rechute.

Pourquoi une rechute

Les circonstances entourant la rechute ont différentes origines qui parfois se superposent. Le plus souvent, elle se produit le soir, en joyeuse compagnie et en présence d'alcool. Un peu d'alcool suffit à faire baisser le seuil de résistance à la cigarette proposée. C'est pourquoi il est recommandé de rester très raisonnable avec l'alcool les premières semaines après le sevrage tabagique.
 
Contexte social favorisant la rechute
• participer à une fête avec des amis
• discuter autour d'un café dans une ambiance décontractée
• être en compagnie d'autres fumeurs
• prendre un verre dans un bar enfumé

Situation émotionnelle négative
• traverser une période de crise (accident ou décès d'une personne proche)
• vivre une situation d'angoisse extrême ou de stress
• s'énerver à propos de quelqu'un ou de quelque chose
• être en disputes ou en conflits
• être frustré(e) à cause d'une prise de poids

Causes liées aux manifestations de dépendance
• le matin en se levant
• quand la personne est physiquement passive
• quand la personne réalise que la dernière cigarette remonte à longtemps
• quand la personne constate qu'arrêter de fumer est extrêmement difficile

Recommandations pour prévenir les rechutes

Jusqu'à présent, aucune approche thérapeutique efficace susceptible de faire baisser le taux de rechute n'a été identifiée. Les réflexions et recommandations suivantes sont efficaces pour éviter les rechutes ou, en cas d'écart ou de rechute, pour aborder une nouvelle tentative de sevrage:

  • S'adonner à une activité physique. L'exercice et le sport sont capables d'empêcher les rechutes; l'activité physique permet de libérer des endorphines qui diminuent l'envie impérieuse de fumer (craving).
  • Se récompenser. S'offrir quelque chose (pas forcément de matériel, cela peut être du temps pour soi, par ex. un moment relaxant dans la baignoire) et se faire des plaisirs; s'offrir un beau cadeau avec l'argent économisé.
  • Apprendre et utiliser les techniques de relaxation  et de respiration.
  • Solliciter un soutien. Choisir un "parrain" ou une "marraine" parmi son cercle d'amis ou sa famille, et solliciter le soutien de cette personne (pour sortir ensemble, pouvoir appeler n'importe quand, etc.). Un soutien est également disponible auprès de la ligne nationale stop-tabac (tél. 848 000 181).
  • Eviter l'alcool. L'alcool renforce l'envie de nicotine et diminue la capacité de résister à la tentation. C'est pourquoi il est recommandé de rester très raisonnable avec l'alcool les premières semaines après le sevrage tabagique.
  • Eviter (temporairement) les situations dans lesquelles la cigarette joue un rôle important. Casser les rituels liés à la cigarette, comme la pause cigarette avec les collègues de travail, le café du matin, les bars enfumés, l'ennui et la solitude.
  • Remplacer chaque cigarette par une action courte: boire de l'eau, écrire un SMS, mâcher une gomme, manger un fruit, se laver les dents, téléphoner, chanter, se faire les ongles, jouer avec le chat... Les possibilités sont infinies et chacun doit trouver ses propres solutions de remplacement.

Recommandations pour gérer les rechutes

  • La  rechute est une étape quasi incontournable du processus de désaccoutumance. La rechute permet de tirer une leçon qui sera utilisable lors de la prochaine tentative.
  • Il est décisif de se remettre immédiatement dans une nouvelle tentative de désaccoutumance. Jeter les cigarettes éventuellement achetées.
  • Une analyse pour trouver l'élément déclenchant de la rechute est utile, de même qu'une réflexion sur la manière de réagir la prochaine fois si la même situation se présente.
  • Cette tentative malheureuse a malgré tout des éléments positifs qu'il vaut la peine de rechercher, tout comme les stratégies mises en place avant l'écart (par ex. quelques victoires, une bonne gestion des symptômes de manque, un contrôle de son environnement, etc.).
  • Les raisons et les avantages du sevrage tabagique doivent être remis en tête.
  • Les médicaments ont-ils été pris correctement, à savoir assez longtemps et à dose assez élevée pour empêcher l'apparition des symptômes de manque?
  • Si aucun médicament n'a été utilisé jusqu'ici pour la désaccoutumance tabagique, envisager sérieusement cette possibilité. Les substituts nicotiniques doublent les chances de mener à bien un sevrage tabagique.

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Références

Hughes JR, Keely J, Naud S. Shape of the relapse curve and long-term abstinence among untreated smokers. Addiction 2004;99:29-38

Hajek P, Stead LF, West R, et al. Relapse prevention interventions for smoking cessation. Cochrane Database Syst Rev 2005, up-date August 2008:CD003999